《Le Balcon》 d'Édouard Manet
2009-06-24

Gustave Caillebotte participa aux expositions impressionnistes à partir de 1876.
Bien avant il avait rencontré nombre de ses futurs confrères et constitué, grâce à une importante fortune personnelle, une collection qu'il souhaitait léguer à l'Etat pour le musée du Louvre. En 1894, au lendemain de sa mort, Renoir, son exécuteur testamentaire, présente la donation qui soulève de vives controverses au sein de l'administration des beaux-arts. Finalement, en 1896, une partie seulement du legs est accepté qui est présenté dans les salles du musée du Luxembourg qui remplissait alors la fonction de musée d'art contemporain. Un des fleurons de la collection est Le Balcon d'Édouard Manet.
Dans ce tableau tout imprégné du souvenir des différents versions des Majas au balcon de Goya, Manet réunit au premier plan le peintre Berthe Morisot assise, la pianiste Fanny Claus et le paysagiste Antoine Guillemet, tandis qu'au-delà il représente un intérieur cossu où un jeune garçon apporte un plateau de rafraichissements. Chaque personnage apparaît absorbé dans ses pensées et aucun regard ni aucun geste ne les lie ce qui marque une rupture avec les représentations traditionnelles des scènes de la vie bourgeoise.
Le thème n'est pas seul à choquer les visiteurs du Salon de 1869 où l'oeuvre est présentée : on reproche aussi à l'artiste sa palette de couleurs acidulées (le vert du balcon et des persiennes ou le bleu de la cravate), l'opposition trop franche des robes blanches et du fond sombre et la différence de traitement des parties quand les fleurs semblent avoir été peintes avec plus d'attention que les visages.